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Passionné par les « gens » et curieux de ce qui m’entoure, je vous propose de découvrir en galeries de portraits, la région et ses habitants.

La vie d’hier au Musée des Arts et Traditions populaires

Les visites

La vie d’hier au Musée des Arts et Traditions populaires

Il pleut, il mouille et même si c’est la fête à la grenouille, Léonie fait la grimace. Elle regarde sa trottinette avec une mine déconfite et se tape les mains sur les cuisses. « Qu’est-ce qu’on fait alors ? On ne va pas sortir ? », « Commence par enfiler tes baskets et suis moi, je vais te montrer comment les enfants d’hier passaient leur temps libre ».

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Direction Wattrelos. Paraît-il que le Musée des arts et traditions populaires a reconstitué une salle de classe d’entre-deux guerre et expose des jeux d’estaminets. De quoi titiller notre curiosité et faire passer nos envies de grand air.

Première surprise lorsque nous franchissons le porche, le musée se révèle bien plus grand que ce que l’on imaginait. Installé dans une ancienne ferme traditionnelle picarde de 1890, il multiplie les scènes de vie d’autrefois et nous plonge dans des temps que les moins de 20 ans (voire les moins de 50 !) ne peuvent pas connaître. « Ca sert à quoi ça ? Ce sont de vraies machines ? » lance Léonie d’entrée de jeu en montrant une baratte. « Oui, oui, elle servait à fabriquer le beurre ». Avant même de finir mon explication, je vois l’attention de la jeune écolière se détourner sur une série d’animaux empaillés. « Les combats de coqs, ah ça je sais ce que c’est ! » exprime t-elle fièrement devant une photo. « Avant, des messieurs pariaient sur des coqs ! Avec l’école, on est allé à la Piscine (de Roubaix) et il y avait un combat de coqs sur un tableau, on nous l’a expliqué ». Bien, bien. Voilà qui m’arrange. Merci Charlemagne !

Dans la salle consacrée au travail des champs et où tout se mélange, Léonie écarquille les yeux devant différents outils et machines. Je dois dire qu’un petit livret éducatif aurait pu m’aider à lui fournir quelques explications. Mais qu’à cela ne tienne, dans la cuisine, je me sens plus à mon aise pour éclairer la petite. La vaisselle, la décoration d’intérieur, le paquet de chicorée… Tout rappelle bonne maman ! Dans la chambre, Léonie apprend que la pièce servait aussi de salle de bains et de WC. « On dirait la photo de mariage de mamie et papy » s’amuse-t-elle soudain. C’est pas faux…

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Des milliers d’objets

Au fil de la visite, nous nous étonnons du nombre incroyable d’objets présentés. Les vitrines se suivent mais ne se ressemblent pas. Certains objets retiennent notre attention comme ce fer ondulateur du début Xxe. Le fer à friser ne date pas d’hier, mesdames ! La trottinette semble bien loin. Du magasin à l’estaminet, Léonie essaie de comprendre les règles de la bourle et s’étonne devant le métier à tisser. « Pourquoi toutes ces usines ont disparu ? » demande-t-elle dans l’espace consacré au textile et au peignage Amédée Prouvost. « Parce que tes vêtements sont désormais fabriqués bien loin de chez nous » pensai-je. Peut-être même par des enfants de ton âge.

Dans la seconde partie de la visite, nous découvrons les métiers d’hier : le cordonnier qui réparait à l’époque les cartables, le boucher, le bureau des douanes (Wattrelos possède 11 kms de frontière avec la Belgique !), le sabotier, le menuisier, l’imprimeur, l’horloger et même le photographe. « Ben ça alors, t’as vu, il était interdit de sourire ! » pouffe t-elle. La salle de classe avec les anciennes cartes, les petits bureaux et le tableau à craie ne la laisse bien évidemment pas indifférente. Elle s’assoit et commente la date du jour. « Nous aussi on écrit la date du jour au tableau ». Les poupées et jouets d’avant ont moins de succès hormis une trottinette vieille de plusieurs décennies… Zut, moi qui voulais lui ôter l’engin de la tête, ne serait-ce que pour quelques heures…

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Le jeu de la toupie

Mais Léonie se détourne de l’objet, elle a déjà repéré ce qu’elle voulait faire avant de partir. Un petit garçon joue avec son grand-père au jeu de la toupie et elle ne cesse de les regarder du coin de l’oeil. « Tu sais y jouer ? » lui demande le monsieur. « Non, je n’ai jamais vu ce jeu là ». « C’est simple. Tu prends la toupie, tu l’installes dans le socle, tu tires sur la ficelle, il faut faire tomber le maximum de quilles ». La voilà à l’action. Une, deux, trois… Les quilles tombent les unes après les autres. La fillette ne semble pas peu fière de son exploit. Pendant qu’elle découvre comment les enfants d’hier s’amusaient, je monte au premier étage pour comprendre l’histoire de Wattrelos. Les guerres n’ont pas épargné la commune. Les documents d’archive sont nombreux. Lorsque je redescends, je constate que ma petite brunette explique à son tour les règles du jeu à un camarade. Difficile de la faire décoller… Au final, nous aurons passé 1h30 à arpenter l’ancienne ferme transformée en musée. Les traditions d’hier nous donneront l’occasion de discuter et pourquoi pas de s’interroger sur nos habitudes et nos modes de consommation… Pari réussi, la pluie n’aura pas eu raison de notre bonne humeur !

Texte : Ludivine Fasseu

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Musée des Arts et des Traditions populaires, 96 rue François Meriaux, 59150 Wattrelos, tél. : 03.20.81.59.50.Ouvert du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h et le dimanche de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h. Fermé le lundi, jours fériés et le dimanche matin du 1er octobre au 31 mars. Entrée gratuite.

http://www.wattrelos-tourisme.com/fr/découvertes/musée-des-arts-et-traditions-pop..html

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